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President Barack Obama arrives to speak about Ukraine in the James Brady Press Briefing Room at the White House in Washington, Friday, Feb. 28, 2014. Obama's statement comes as his administration is expressing growing concern over Russian intentions in Ukraine. Secretary of State John Kerry delivered a blunt warning Friday to Moscow against military moves in the country's southern Crimea region that could further inflame tensions. (AP Photo/Charles Dharapak)

Lettre ouverte au Président des États-Unis d’Amérique, S.E. Barack H. Obama

Paris, 29 Juillet 2014

Lettre ouverte au Président des États-Unis d’Amérique, S.E. Barack H. Obama

The White House, 1600 Pennsylvania Avenue NW, Washington DC 20500, Etats-Unis

Monsieur le Président,

Avec tout le respect et considération, nous nous dirigeons vers le Son Excellence, par cette lettre ouverte, au nom de la représentation de la Coalition d’opposition pour la restauration d’un Etat démocratique (CORED) en Guinée équatoriale, pour vous expliquer la situation de notre pays, qui est actuellement au bord du chaos et de la déstabilisation.

Monsieur le Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Président de la Guinée équatoriale, est l’un des invités par Monsieur le Président pour participer au sommet USA-Afrique du 4 à 6 mois d’Août de cette année. Sans aucune intention de mettre en question votre décision, cela nous est, cependant, difficile de comprendre l’exclusion de la liste des invitées des présidents Robert Gabriel Mugabe (Zimbabwe), Omar El-Béchir (Soudan) et Isaiah Afowerki (Erythrée),pour des raisons évident connus de tous, alors qu’un honneur immérité est fait au président Obiang Nguema, le plus ancien au pouvoir en Afrique (35 ans au pouvoir),avec son historique des graves violations des droits humains les plus élémentaires affligées à ses concitoyens, comparables à celles des autres présidents exclus de la liste.

Malgré cette contradiction, notre Coalition se félicite de cette invitation au président Obiang pour comprendre que les investissements américains dans notre pays l’exigent. Nous croyons aussi que c’est une grande opportunité pour que Monsieur le Président l’exhorte, une fois de plus, à tenir compte des demandes de l’opposition démocratique à abandonner le pouvoir de façon digne et ordonnée, pour mettre fin au drame du peuple de la Guinée équatoriale, et ainsi aider à prévenir que l’instabilité que connait actuellement la région ne s’étende à notre pays.

Comme Monsieur le Président l’avait clairement indiqué, dans son premier discours, le président Obiang est de ces personnes qui correspondent parfaitement à cette description:  » A ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonnant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l’histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer votre étau ».

Monsieur le Président, en ce qui concerne les questions abordées au Sommet USA-Afrique, à savoir: la gouvernance, la paix et les générations futures, la Guinée équatoriale est certainement le pire exemple dans leur application.

Quant à la gouvernance, il n’est pas nécessaire de rentrer en détail sur les actions du régime concernant les violations des droits de l’homme, la corruption institutionnalisée, etc. Ce que nous voulons souligner, ce sont les manœuvres avec lesquelles le régime veut se présenter lors de ce Sommet.

Le président Obiang est susceptible d’annoncer qu’il a proposé de dialoguer avec l’opposition interne et l’opposition en exil, mais cette simple déclaration, faite lors d’un discours de son parti PDGE lorsqu’il décrit les exigences démocratiques de l’opposition comme « aboiement des chiens », n’est pas une proposition acceptable.

Ces déclarations faites sans préciser quand, où et avec qui il va dialoguer, ne sont rien de plus qu’une manœuvre de distraction pour confondre l’opinion publique nationale et internationale, et contourner ainsi les possibles questions sur la tension politique qui existe dans le pays depuis l’apparition de notre coalition politique, dont les demandes ont fait que le Président Obiang, pour la première fois dans ses 35 ans de pouvoir absolu, reconnait l’existence d’une opposition en exil.

Quant à la paix, le peuple équato-guinéen n’a jamais connu la paix depuis son indépendance le 12 Octobre 1968. Aujourd’hui, la Guinée Equatoriale reste l’une des dictatures les plus répressives au monde.

Le régime d’Obiang représente une véritable menace pour la stabilité dans la région, la déstabilisation est inévitable dans toute tentative de continuité de cette dictature, ou pour toute tentative de succession par un de ces enfants, famille ou un autre membre de la dictature. Le président Obiang de plus en plus faible avec l’âge et l’état de santé, les luttes intestines au sein de la famille pour s’emparer du pouvoir et continuer cette dictature, peut conduire à des affrontements armés entre différentes factions, lourdement équipés, qui ont des véritables armées parallèles, y compris des mercenaires étrangers.

Quant aux générations futures, c’est la principale préoccupation de notre coalition, parce que ce qui est en jeu ici, c’est l’avenir même de notre pays, de nos enfants. Malgré des ravages causés par la dictature dans la population, la continuité va produire l’annihilation totale des générations futures.

Le pays est entré en récession à cause de la diminution de la production du pétrole. La Guinée équatoriale avec le PIB qui a passé de 300 à 24 000 dollar en 20 ans seulement, c’est à dire  de l’un des plus pauvre au plus riche en Afrique, rien n’a été fait en termes de diversification économique pour préparer l’après pétrole, ce qui peut conduire à ce que le pays se retrouve dans un état de pauvreté comme autrefois, avec une jeunesse abandonnée et pas du tout préparés.

Nous croyons que nous n’avons pas besoin de rappeler que les multinationales américaines investissent dans notre pays dans le secteur du pétrole et nous pensons que l’investissement ne serait pas garanti s’il n’y avait pas la paix et la stabilité. Il ne serait donc pas normal que, après tant d’investissements américains, notre petit pays de moins d’un million d’habitants, retourne à son état précédent de pauvreté, remettant ainsi en question les principes démocratiques sacrés des États-Unis, basés sur la défense des libertés des peuples opprimés.

Monsieur le Président, devant ce sombre tableau, notre constat est que, après plus de 20 ans de la période appelé «Essai démocratique», le régime Obiang n’a pas la capacité ou la volonté d’organiser des élections libres, démocratiques et transparentes qui conduiront à un État de droit capable de relever le défi d’arrêter ce chaos. Nous optons pour la voie non-violente en proposant une sortie digne pour Obiang et sa famille, afin de procéder à une transition contrôlée et dans le cadre des mesures de sécurité de la communauté internationale.

Monsieur le Président, Nous espérons que ce sommet USA-Afrique soit l’aboutissement de votre premier discours en tant que premier président Afro-Américain des Etats-Unis d’Amérique. Notre peuple garde encore l’espoir de sortir de l’impasse politique actuelle, sans d’autres drames, et nous sollicitons pour ce faire votre médiation entre Obiang et l’opposition démocratique afin de promouvoir un véritable changement politique qui permettra la restauration de l’Etat de droit démocratique dans notre pays. Comme vous l’avez dit vous-même un jour, « L’Afrique a besoin d’institutions fortes et pas d’hommes forts. »

Avec toute notre considération la plus sincère,

Pour la CORED

Raimundo Ela Nsang
Secrétaire Exécutif

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