L'Affaire Nalco : Quand un parcours personnel révèle un système
Recruté à Paris en 2003 par Nalco comme ingénieur. Chargé sur place de légaliser moi-même l’entité locale qui m’avait été présentée comme existante. Évincé après cette mission au profit d’une personnalité politique sans lien avec le métier. Réclamer mes droits salariaux m’a valu menaces, représailles et exil — fondement du statut de réfugié politique que la France m’a reconnu. Aujourd’hui, je porte cette affaire devant la justice française.

Représentation visuelle — Raimundo Ela Nsang, ingénieur pétrochimiste, mission Nalco (2003-2006). Visualisation contemporaine générée par intelligence artificielle, restituant la tenue de travail standard des équipes Nalco de l’époque.
En 2003, j’ai été recruté à Paris par la multinationale Nalco comme ingénieur, pour rejoindre l’équipe locale d’une entité présentée dans mon contrat comme existante en Guinée équatoriale. À mon arrivée, j’ai découvert que cette entité n’avait aucune existence juridique réelle. Plutôt que de me restituer à mon employeur d’origine, on m’a confié la mission de légaliser moi-même la société.
Cette mission n’était pas un détail administratif. J’étais à l’époque le seul ingénieur pétrolier équato-guinéen présent sur le marché national, et la législation locale exigeait la présence de compétences nationales qualifiées dans le secteur des hydrocarbures pour autoriser l’implantation d’opérateurs étrangers. Sans mon intervention, Nalco ne pouvait tout simplement pas s’établir légalement dans le pays. En contrepartie de ce travail mené en plus de mes fonctions techniques, il m’a été promis de devenir associé de la future entité.
J’ai mené ces démarches, représenté la société dans les forums nationaux, et structuré son implantation. Une fois la société effectivement créée, ma place d’associé a été redirigée vers une personnalité proche du pouvoir local — sans aucun lien avec l’ingénierie, le pétrole ni les opérations de l’entreprise. Une question simple reste à ce jour sans réponse : pourquoi une multinationale du secteur des hydrocarbures choisirait-elle un associé totalement extérieur au métier, alors que sa présence légale dans le pays dépendait précisément d’un ingénieur national qualifié ?
La réclamation de mes droits salariaux qui a suivi m’a exposé à des menaces directes, à des pressions et à des mauvais traitements relayés par des canaux politiques étroitement liés à l’entreprise. C’est cet enchaînement qui a fondé le statut de réfugié politique que la République française m’a reconnu — un acte officiel de l’État français qui qualifie juridiquement les faits subis et constitue une reconnaissance authentique de la persécution exercée pour avoir réclamé un dû professionnel.
Pendant plus de vingt ans, une stratégie de dissimulation m’a contraint à poursuivre une entité juridiquement fragile, y compris à l’étranger, alors que mon véritable employeur — la multinationale qui m’avait recruté à Paris — restait protégé. C’est précisément cette dissimulation, doublée d’une collusion documentable avec les autorités locales, qui constitue aujourd’hui le cœur des procédures portées devant la justice française.
Je ne porte pas plainte par vengeance. Je porte plainte parce que ce qui m’est arrivé n’aurait pas dû arriver — et continue d’arriver à des cadres africains qualifiés. La justice française tranchera.
Un cas individuel qui révèle une logique structurelle
L’Affaire Nalco dépasse mon parcours personnel. Elle illustre une logique économique qui freine le développement africain depuis des décennies : la concentration des ressources stratégiques entre quelques mains, et l’éviction systématique des compétences nationales qui ne se soumettent pas à cette logique.
Dans les hydrocarbures, l’accès au marché passe souvent par des allégeances politiques plutôt que par la compétence technique. Ce mécanisme permet à certaines multinationales d’opérer dans des conditions juridiquement fragiles, en échange d’un alignement local — au prix de l’éviction des cadres nationaux qualifiés.
Réclamer mes droits salariaux m’a valu menaces, pressions et mauvais traitements relayés par des canaux politiques étroitement liés à l’entreprise. Cet enchaînement a abouti à la reconnaissance officielle, par la République française, de mon statut de réfugié politique — un acte d’État qui qualifie juridiquement les faits subis.
Les acteurs concernés font aujourd’hui l’objet de procédures judiciaires en cours. Je ne nomme personne sur cette page. Les noms et responsabilités sont consignés dans les pièces déposées aux tribunaux. C’est la justice française qui se prononcera.
Les pièces sont conservées. Les tribunaux travaillent. Et entre-temps, je construis.
Du manuscrit initial à une œuvre repositionnée
Le livre qui m'a conduit aux procédures
Depuis 2019, j’observe et documente les mécanismes par lesquels certaines multinationales occidentales s’accommodent — voire exploitent — la fragilité institutionnelle des États africains.
Ce travail d’analyse devait initialement aboutir à la publication d’un livre intitulé « La France de Macron, l’extension de la dictature de mon pays ». C’est en construisant ce manuscrit que j’ai compris l’ampleur juridique des faits dont j’avais été personnellement victime — au point de décider d’en saisir la justice française avant toute publication.
Le titre initial désignait une période politique précise. Mais le travail d’enquête m’a conduit bien au-delà : ce qui semblait être la spécificité d’un quinquennat s’est révélé un mécanisme structurel, plus ancien et plus profond, qui dépasse largement la France d’aujourd’hui.
Le livre qui paraîtra ne portera donc plus le même titre. La période Macron y figurera — mais comme une parenthèse dans une histoire bien plus vaste : celle des relations entre les puissances occidentales, leurs entreprises, et les régimes africains qu’elles soutiennent ou tolèrent depuis des décennies.
La publication est aujourd’hui suspendue. Non pas abandonnée : repositionnée. Elle attend que les procédures en cours produisent leurs effets, et qu’un cadre éditorial intégrant l’ensemble des éléments soit formellement consolidé.
Le livre viendra. Plus large. Plus profond. Quand la justice aura tranché.
Une trajectoire que les faits suffisent à établir
On m’a un jour reproché de manquer de « légitimité politique » pour devenir associé. La vraie question n’est pas la mienne : c’est celle d’un choix inexpliqué.
Voici les faits :
- Je suis fils d’un ingénieur agronome, formé par les Espagnols, devenu professeur d’agronomie coloniale, puis élu député démocratiquement au moment de l’indépendance. Mon père a fait partie des premiers acteurs du mouvement indépendantiste et a été victime des purges de l’époque Macías.
- Je suis revenu dans mon pays comme ingénieur pétrochimiste formé en France, à un moment où j’étais le seul ingénieur pétrolier équato-guinéen présent sur le marché national.
- Cette compétence rare était précisément la condition légale de l’implantation des opérateurs étrangers dans le secteur des hydrocarbures — y compris de Nalco.
- J’ai légalisé moi-même l’entité locale de Nalco contre la promesse de devenir associé. Cette légalisation aurait été impossible sans mon intervention technique.
- J’ai été remplacé par une personnalité politique sans aucun lien avec l’ingénierie, le pétrole ou les opérations de l’entreprise.
Ma question n’est pas : qui a la légitimité ?
Ma question est : pourquoi une entreprise du secteur des hydrocarbures choisit-elle un associé totalement extérieur à son métier, après avoir bénéficié des qualifications techniques d’un ingénieur national sans lequel elle ne pouvait pas exister légalement ?
La réponse à cette question n’est pas technique. Elle n’est pas commerciale. Elle est politique. Et c’est pour cela que cette affaire engage la responsabilité des entreprises occidentales en Afrique et conditionne les conditions du développement économique du continent dans les décennies à venir.
Les procédures judiciaires en cours
Procédure devant le Conseil de Prud'hommes
Objet : faire requalifier le contrat de travail et reconnaître Nalco France comme véritable employeur, au-delà de l'entité locale qui n'avait pas d'existence juridique au moment du recrutement.
Tribunal saisi : Conseil de Prud’hommes de Bobigny
- Audience programmée : 27 janvier 2027
- Statut : procédure inscrite au rôle
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Étapes documentées publiquement :
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Mise en demeure adressée
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Dossier transmis à Nalco USA
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Dépôt de la requête
- Inscription au rôle — audience fixée au 27 janvier 2027
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Demandes principales :
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Requalification du contrat de travail
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Règlement intégral des salaires dus
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Reconnaissance du lien d’emploi avec Nalco France
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Procédures pénale et de droits d'associé naturel
Objet : faire reconnaître la qualité d'associé naturel résultant de la légalisation effectivement réalisée, et faire qualifier juridiquement la dissimulation orchestrée ainsi que la collusion entre l'entreprise et l'appareil politique local.
Tribunal saisi : Tribunal judiciaire de Paris
- Statut : déposée — en attente d’instruction
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Pièces déposées au dossier :
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Requête introductive
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Mémoire explicatif
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Pièces justificatives (contrat, courriers, échanges)
- Décision OFPRA / CNDA portant reconnaissance du statut de réfugié politique
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Demandes principales :
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Reconnaissance de la qualité d’associé naturel
- Qualification de la dissimulation orchestrée et de l’obstruction prolongée à l’exercice de mes droits
- Qualification de la collusion avérée entre l’entreprise et l’appareil politique ayant servi de relais aux représailles
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Indemnisation du préjudice moral, économique et professionnel
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Pourquoi je continue à construire
J’aurais pu m’arrêter en 2006. J’aurais pu me résigner. J’aurais pu rentrer dans le rang. J’ai choisi autre chose.
J’ai choisi de transformer la blessure en méthode, l’exclusion en école, et l’injustice en projet collectif. C’est pourquoi, en parallèle de ces procédures, j’ai construit un parcours d’expert et d’entrepreneur orienté vers la transformation économique africaine par la digitalisation inclusive.
- Travaux et publications sur la stratégie pétrolière comparée Nigeria – Gabon – Guinée équatoriale
- Apparitions médiatiques en tant qu’expert hydrocarbures pour les médias francophones africains
- Manuscrit en cours de repositionnement — œuvre élargie qui dépassera le cadre initial pour intégrer l’ensemble des mécanismes mis au jour par les procédures
- Construction de DIS+, un écosystème digital pour la digitalisation inclusive en Afrique
- Conférences et formations auprès des cadres et entrepreneurs africains
On a voulu me briser. Je ne me suis pas effondré. J’ai construit. Je continue de construire. Et je porte cette affaire devant la justice — non pour la victoire d’un homme, mais pour la dignité de tous ceux à qui on a fait croire qu’ils n’avaient pas le droit de réclamer leur dû.
— Raimundo Ela Nsang
