Après la publication de mes trois premières procédures judiciaires contre ChampionX / ex-Nalco France — au pénal, en référé au Conseil de Prud’hommes, puis au fond — j’annonce aujourd’hui le dépôt de ma dernière requête officielle, cette fois devant le Tribunal de commerce de Bobigny.

Cette action vise à faire reconnaître ma qualité d’associé naturel dans la création de Nalco Guinée équatoriale (aujourd’hui filiale de ChampionX), et à obtenir réparation des droits patrimoniaux et professionnels spoliés au profit d’un montage politico-affairiste orchestré par la direction locale avec le fils du dictateur Obiang.

Ce que je dénonce :

En 2003, j’ai été recruté à Paris pour implanter légalement la filiale Nalco en Guinée équatoriale. J’ai joué un rôle fondateur, en assurant personnellement :

  • Les premiers et importantes démarches de présentation officielles.
  • Les relations avec l’administration.
  • La réduction d’amendes pour exercice illégal.
  • Et l’implantation opérationnelle de la société..

Mais au lieu d’être reconnu à ma juste place comme associé, comme cela avait été proposé par le directeur régional Wayne Nail (10 % du capital), ma participation a été rejetée par les responsables locaux — au motif que je n’avais pas d’“alliance politique avec le régime”.

C’est finalement le fils du président Obiang, Gabriel Mbega Obiang Lima, qui a été intégré dans la société dans l’opacité totale, en violation des lois de transparence et de bonne gouvernance. Cette opération a été rendue possible par un pacte d’intérêts entre la direction locale et le pouvoir dictatorial, avec comme prix l’exclusion progressive de ma personne, malgré mes compétences et ma loyauté professionnelle.

Ce que j’exige du Tribunal de Commerce :

  1. La reconnaissance de ma qualité d’associé naturel à hauteur de 10 % du capital de Nalco Guinée équatoriale.
  2. La production officielle de tous les documents statutaires de création de la filiale, notamment la liste réelle des actionnaires.
  3. La désignation d’un expert judiciaire pour évaluer les bénéfices cumulés depuis 2004, afin de calculer ma part légitime.
  4. Le versement de :
    • 10 % des bénéfices nets cumulés depuis la création de la filiale.
    • 150 000 euros d’indemnisation forfaitaire pour les préjudices moral, professionnel et politique subis.
  5. La publication du jugement dans un journal juridique.
  6. La condamnation de ChampionX aux dépens.

Ce combat est d’abord politique

Il serait une erreur de réduire ces actions judiciaires à un conflit salarial ou patrimonial. Ce que je dénonce ici, c’est le fonctionnement profond d’une dictature familiale, installée au pouvoir depuis plus de 46 ans en Guinée équatoriale, avec à sa tête Teodoro Obiang Nguema.

Ce régime a accaparé toutes les ressources économiques du pays — pétrole, infrastructures, marchés publics, institutions — au profit d’un seul clan.

La Guinée équatoriale a généré plus de 50 milliards de dollars de revenus nets depuis le début de l’exploitation pétrolière, et pourtant la majorité de sa population vit dans la pauvreté, sans accès réel à l’éducation, à la santé, ou à l’emploi digne.

Les méthodes que je dénonce ici — spoliation des compétences locales, détournement d’opportunités, alliances mafieuses avec des multinationales — sont la norme de fonctionnement de ce régime.

Je refuse que ce modèle continue, ni en Afrique, ni avec la complicité passive d’États ou d’entreprises occidentales.

Au-delà de mon cas, une cause collective

Comme je l’ai toujours exprimé : ce combat dépasse ma situation personnelle. Il incarne le sort réservé à de nombreux cadres africains intègres, compétents et indépendants, écartés ou détruits parce qu’ils refusent la soumission à un système néocolonial encore dominant.

J’ai été valorisé en Occident pendant ma formation — stages, offres d’embauche, reconnaissance académique. Mais dans mon propre pays, ma rigueur a été perçue comme une menace, dans un système verrouillé où les familles dirigeantes confisquent les opportunités et musèlent toute initiative constructive.

J’appelle donc :

  • Les citoyens conscients, en Afrique comme en Europe, à soutenir publiquement cette démarche pour la justice et la vérité.
  • Les institutions juridiques françaises, à juger avec rigueur, indépendance et courage.
  • Les professionnels, étudiants, cadres africains, à rejoindre ce combat pour que les talents de notre continent ne soient plus sacrifiés par des systèmes oppressifs.

🕊️ La suite : mobiliser pour la justice et le changement

Cette dernière requête judiciaire clôt une première phase. Je continuerai, avec le mouvement MILIGE, à transformer cette lutte en action politique structurée, pour un changement réel en Guinée équatoriale.

Je fais confiance à la justice française pour juger avec équité, à la lumière des faits, du droit, et de la vérité. Et je me battrai pour que les intellectuels africains puissent enfin être reconnus, protégés, et libres d’agir au service de leur continent.

Raimundo Ela Nsang
Ingénieur chimiste, requérant contre ChampionX
Fondateur du mouvement MILIGE

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