Pourquoi j’ai déposé plainte
Raimundo Ela Nsang, ingénieur pétrochimiste, ancien salarié de Nalco et réfugié politique reconnu en France depuis 2013, ai officiellement déposé une plainte pénale auprès du tribunal judiciaire de Bobigny le vendredi 13 juin 2025. Cette plainte vise la société Nalco (devenue ChampionX) ainsi que plusieurs de ses cadres expatriés — notamment Lionel Israel, Guy Denis, Venancio Obama Angonga, et l’avocat Francisco Javier Esono — pour des faits graves : harcèlement professionnel, discrimination, escroquerie, mise en danger volontaire et complicité avec les autorités de Guinée équatoriale.
Ce n’est pas seulement un combat personnel : la dérive de ces pratiques transforme certaines multinationales en refuges d’impunité pour ceux qui abusent de leur pouvoir. À l’image de l’affaire des biens mal acquis, c’est aujourd’hui à la justice française de trancher, sous le regard de l’Afrique, du monde et de l’Histoire.
Les faits exposés
🔹 Embauche sous faux contrat
J’ai été recruté à Paris le 7 août 2003 par Nalco Energy Services, sous un contrat fictif au nom « Ondeo Nalco Equatorial Guinea », une entité inexistante juridiquement en Guinée équatoriale au moment de la signature. Ce montage dissimulait l’employeur réel, tout en me faisant travailler sur le chantier d’ExxonMobil pour « accompagner le développement » de la future filiale.
🔹 Légalisation de la filiale
Dès septembre 2003, j’ai participé à la légalisation : sur demande de Wayne Nail (Nalco US), j’ai pris en charge les rendez-vous officiels. J’ai présenté l’entreprise au ministère, négocié une réduction d’amende, et découvert que Lionel Israel et Guy Denis retardaient la légalisation pour en tirer profit.
Un associé politique a été imposé en toute opacité : Gabriel Mbega Obiang Lima, fils du régime, a offert sa villa pour le siège de Nalco et nommé son beau-frère Venancio Obama Engonga — sans aucune qualification — comme directeur national. Tout cela a annulé la promesse initiale de Wayne Nail de me faire associé à 10 % du capital.
🔹 Exclusion et harcèlement
Cantonné aux tâches de terrain pour limiter ma progression, j’ai néanmoins démontré de solides performances techniques. Cela a déclenché un plan d’éviction, suivi d’humiliations et de pressions :
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Un entretien simulé avec Venancio Obama Engonga pour un poste d’opérateur technique, puis nomination soudaine de celui-ci comme directeur national ;
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Blocage de l’aide au logement, retards de remboursement, interdiction d’entrer dans les bureaux de l’entreprise (alors que mon bureau était chez ExxonMobil) ;
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Enquêtes informelles sur ma vie privée pendant mes congés maladie ;
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Effort organisé pour m’empêcher de retrouver un emploi dans le secteur pétrolier en Guinée équatoriale.
🔹 Détournement et mise en danger
En 2007, le ministère du Travail a reconnu mon exclusion abusive. Le chèque de liquidation a cependant été détourné par Venancio et l’avocat Francisco Javier Esono, avec la complicité d’un expatrié de Nalco. Suite à ma plainte pénale, j’ai été placé en garde à vue pendant deux jours et menacé de divulguer mes sources. En 2008, craignant pour ma vie, j’ai fui clandestinement vers l’Espagne.
🔹 Exil et blocage professionnel
À Madrid, une pétrolière espagnole m’avait proposé un poste grâce à mes compétences, mais l’offre a été annulée dès qu’elle a appris ma situation d’exilé et que l’entreprise négociait des blocs avec la Guinée équatoriale. Un article moqueur sur le site du parti au pouvoir a confirmé cette pression — me poussant à abandonner l’idée de continuer dans l’industrie pétrolière.
Pourquoi cette plainte maintenant
Je n’ai jamais cessé de chercher justice : plusieurs avocats en Espagne, en France et au Royaume‑Uni se sont montrés intéressés, puis ont abandonné sans explications. Récemment, grâce à mes propres recherches, j’ai pu me renseigner sur l’invalidité de mon contrat, les infractions detaillés commises par Nalco/ChampionX, et la légitimité de mes recours.
Une preuve particulièrement accablante est la complicité de Nalco dans la nomination d’un directeur national incompétent, capable de recevoir des indemnités sur son compte personnel — démontrant le mépris pour les compétences locales et l’impunité au sein de l’entreprise.
Ce que je demande
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Ouverture immédiate d’une enquête pénale à Bobigny.
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Examen complet des cadres impliqués, y compris ceux ayant participé à la spoliation.
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Reconnaissance juridique de leurs fautes et condamnations appropriées.
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Publication du jugement pour que la lumière soit faite et pour prévenir ces pratiques à l’avenir.
Il ne s’agit pas d’une vengeance, mais d’un engagement citoyen et moral. Je ne réclame pas seulement réparation : j’exige que les multinationales assument leurs responsabilités, et que le système néocolonial soit dénoncé. Ce combat est plus grand que moi, et il commence aujourd’hui, avec cette plainte.

