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Réparer les dégradations environnementales et sanitaires liées à l’exploitation pétrolière dans le golfe de Guinée est ma contribution à la note COP21 : réparer l’injustice climatique en Afrique, fruit d’une collaboration entre le FEP (Fondation de l’Ecologie Politique) et le collectif «Wangari Maatha», et coordonnée par Benjamin Bibas, journaliste et documentariste.

En tenant compte que l’Afrique ne représente aujourd’hui que 4% des émissions de GES, l’Afrique comptera 25 % de la population mondiale en 2050. Le caractère faiblement carboné du développement économique africain dans les prochaines décennies est donc un enjeu environnemental majeur.

Sur les 10 pays les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique, 6 sont situés en Afrique. Comment analyser la prise en charge des politiques publiques de lutte contre le changement climatique sans mettre en lumière la fragilité des institutions au sein des pays africains ? Les enjeux démocratiques et la nécessité d’une réelle transparence des actions des opérateurs économiques extérieurs sont des éléments essentiels pour envisager des politiques de développement efficaces et cohérentes avec un nouvel accord international sur le climat.

Pour préfigurer ce que pourrait être ce développement faiblement carboné, la note de la FEP «COP21: réparer l’injustice climatique en Afrique», presente comporte 10 recommandations aux négociateurs de la COP21 et aux administrateurs du Fonds vert pour le climat. Cette note fut présentée lors d’une conférence publique le 5 décembre 2015 dans le cadre des Espaces Générations Climat au Bourget.

Dans cette note j’expose les conséquences environnementales et sanitaires de l’exploitation pétrolière du bassin du Congo au delta du Niger, et dresse quelques pistes pour les réduire, voire les prévenir.

Le golfe de Guinée, région qui dispose des écosystèmes les plus variés d’Afrique, représente près de 70 % de la production du pétrole subsaharien. Elle est de ce fait extrêmement exposée aux dégradations environnementales et sanitaires.

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L’année 1993 marque le début de l’exploitation du pétrole en Guinée Equatoriale. Trois ans plus tard, est mis en exploitation le plus grand gisement du pays. Lequel fait de la Guinée Equatoriale un des plus grands pays exportateurs de pétrole du Golfe de guinée. Dès lors, on assiste à un afflux de compagnies pétrolières en direction de ce pays, disputant ainsi le marché. En 2000, le Gouvernement crée une compagnie nationale pétrolière, GEPETROL, dont la mission serait principalement de superviser et contrôler toutes les activités pétrolières.

Or, pour se positionner comme une véritable entreprise nationale, il faudra tout d’abord identifier la stratégie de base en amont et se prémunir des atouts stratégiques, pour pouvoir vaincre les barrières à l’entrée établies par ses concurrents.

L’objectif de ce travail est d’étudier la concurrence et la compétitivité dans le secteur pétrolier de Guinée Equatoriale afin d’identifier les comportements stratégiques des acteurs. Ceci nous permettra de mettre en évidence la stratégie de base du même Etat dans ce jeu concurrentiel à travers son entreprise nationale, GEPETROL.

Pour ce faire, nous utiliserons la théorie évolutionniste de la concurrence et de compétitivité telle qu’elle a été préconisée par M. Porter (1985) et appliquée à l’étude de l’évolution de la concurrence et de la compétitivité dans le secteurs amont pétrolier par Dos Santos (1997).

Nous appliquerons ensuite cette méthode à l’étude de la concurrence et la compétitivité dans le secteur pétrolier de la Guinée Equatoriale, en comparant avec deux autres pays de la sous-région : le Gabon et le Nigeria. Ces deux pays ont été retenus par les critères suivants :

Ils ont tous deux commencé l’exploitation pétrolière presque au même moment. Mais l’un a pu constituer une véritable compagnie nationale (Nigeria). La grande similitude entre le Gabon et la Guinée Equatoriale tant au point de vu politique, sociale, culturel et nombre d’habitants. Le Nigeria, dont la population est relativement importante, a été retenu par des considérations géopolitiques et culturelles. Dans la première partie, nous définirons certains éléments que nous allons utiliser comme critères de comparaison entre les trois pays.

Dans la deuxième nous présenterons la théorie évolutionniste de la concurrence et de la compétitivité selon M. de Porter, c’est à dire la définir le concept de stratégie de base.

Dans la troisième partie, nous analyserons, en nous appuyant des travaux de Dos Santos (1950) l’évolution de la concurrence et de la compétitivité amont de l’industrie pétrolière internationale. Après avoir défini les différents acteurs en confrontation dans le jeu concurrentiel, il sera question, dans cette analyse, d’étudier les changements stratégiques des acteurs lors des grands bouleversements qu’a connus la filière amont de l’industrie internationale. Dans cette perspective, cette étude sera divisée en trois périodes : d’abord la période stable, c’est-à-dire avant le 1èr choc pétrolier ; ensuite la période instable, entre les crises pétrolières profondes ; et enfin la période autorégulation du marché. Cette dernière période, qui débute à partir des années 90 jusqu’à nos jours, est caractérisée par l’intensification de l’instabilité, avec la multiplication des acteurs présents sur la scène économique internationale, à l’origine de la modification structurelle d’ordre économique, financière et de marché.

Dans la quatrième et dernière partie, nous analyserons le tout d’abord le positionnement stratégique des firmes dans les trois pays retenues afin de dégager la stratégie de base amont des acteurs dans les trois pays considérés. Une fois comparés, les critères pétroliers les plus pertinents dans ses trois pays nous disposerons suffisamment d’éléments pour conclure notre étude ; il s’agira alors de proposer une orientation stratégique sur le positionnement de la GEPETROL, en tant qu’à acteur actif du jeu extrêmement concurrentiel de son pays.